top of page

Interview de Rodrigue, Manager de transition au sein de la Task Force Logistics

  • Clément TETU
  • 17 sept. 2025
  • 4 min de lecture

Dernière mise à jour : 29 sept. 2025

Peux-tu te présenter brièvement et nous dire sur quels types d’environnements logistiques tu es intervenu récemment ?


J’ai passé 17 années dans la Marine nationale, au sein des forces spéciales, où j’étais responsable de la protection de sites sensibles et stratégiques. Cette expérience m’a forgé en tant que chef, avec une forte culture de l’engagement, du discernement et de l’adaptabilité. Après ma carrière militaire, je me suis orienté vers le management de transition en logistique. J’ai notamment accompagné un site en crise dans le Grand Est pour un acteur majeur du 3PL, puis j’ai piloté la remise en ordre de marche d’une plateforme cosmétique, tout en organisant son déménagement complet.



Quelles sont, selon toi, les actions les plus efficaces à mettre en œuvre rapidement pour améliorer la qualité de service d’un entrepôt ?


Il faut aller droit au but. Trois piliers guident mon approche : l’humain, les process, et la communication.


L’humain, d’abord, est la clé de voûte. Il faut immédiatement comprendre qui fait quoi, repérer les leaders naturels, identifier les tensions et désamorcer les résistances. Le simple fait d’écouter et d’être présent change la dynamique. J’arrive toujours avec une posture de chef légitime, incarnée, capable de rassurer sans surjouer.


Les process, ensuite, doivent être analysés sans complaisance. Je cartographie les flux, j’identifie les points de rupture, j’ajuste rapidement ce qui peut l’être sans attendre une refonte complète. Ce sont souvent des micro-changements — ordre de picking, organisation des quais, répartition des tâches — qui produisent des gains visibles sous une semaine.


Enfin, la communication : elle doit être claire, directe et incarnée. Tout le monde doit comprendre pourquoi je suis là, où on veut aller, et dans quel délai. Il faut répéter le cap autant de fois que nécessaire, et toujours expliquer les décisions.




Quelles pratiques managériales permettent, selon toi, d’embarquer rapidement les équipes logistiques ?

La logistique est un métier dur, exigeant, physiquement et mentalement. Il faut donc s’appuyer sur trois leviers très humains.


D’abord l’exemplarité. Sur une plateforme, les agents repèrent en deux jours si le manager connaît le métier ou fait semblant. Il faut parler leur langage, comprendre les cadences, les contraintes, et être capable de réagir vite. C’est une question de légitimité.


Ensuite, la bienveillance ferme. Le métier est rude. Les agents ont besoin d’un cadre clair mais humain. Je suis là pour les faire monter en compétence, pour créer une dynamique de progression. La bienveillance, ce n’est pas de la mollesse, c’est du respect et de l’exigence équilibrée.


Enfin, l’écoute active du terrain. Les meilleures idées viennent souvent des opérateurs eux-mêmes. Je passe du temps à côté d’eux, je prends note, je valorise les propositions concrètes. Cela crée une forme de responsabilisation très puissante.



Quels sont, selon toi, les facteurs clés de succès d’un entrepôt performant ?


Un seul mot revient en boucle : le taux de service. C’est notre boussole. Tout ce qu’on met en place vise à livrer le bon produit, au bon moment, en bon état.

Pour y arriver, trois conditions doivent être réunies :

  • Des processus clairs, connus et appliqués par tous. L’organisation doit être lisible, documentée, et partagée. S’il y a une faille, la chaîne se grippe. Un entrepôt, c’est comme un orchestre : une fausse note suffit à gâcher l’ensemble.

  • Une interopérabilité parfaite entre les équipes. Chaque opérateur doit savoir ce qu’il y a avant et après son poste. Ça évite les ruptures, ça donne du sens, et ça responsabilise chacun.

  • Une capacité d’anticipation des aléas. Retards de camions, produits manquants, panne de chariot… Les imprévus sont constants. Il faut donc un système nerveux réactif et une organisation capable d’absorber les chocs.



En quoi ta première vie de chef militaire t’aide-t-elle à réussir tes missions logistiques ?


Le monde militaire m’a appris trois choses essentielles pour ce métier :

  1. La capacité à m’adapter vite. En mission, on ne choisit ni le terrain ni les conditions. Il faut comprendre, décider, agir. C’est exactement ce qu’on me demande en entrepôt.

  2. Le sens du commandement. Être chef, ce n’est pas crier fort. C’est savoir prendre une décision claire, l’expliquer, et l’assumer. C’est aussi savoir fédérer sans en faire trop.

  3. Le discernement. Quand on gère une crise sociale ou une tension avec les partenaires syndicaux, il faut savoir garder son sang-froid, analyser la situation à froid, et construire un plan d’action sans céder aux émotions.


La rigueur militaire est un levier précieux. Mais ce qui fait la différence, c’est l’intelligence humaine : savoir quand serrer, quand relâcher, et toujours rester aligné avec l’objectif commun.


----


[Task Force Logistics.] intervient avec un ADN militaire aux côtés des Entreprises qui font face à des situations business critiques, et ce au travers de 4 briques de services :


🔗 Management de transition

Soutien lors de démarrage, Renfort de la direction & Appui lors de pic d’activité


🛡️ Client's representative

Contrôle du niveau de service, Inspection et redressement & Interface client-prestataire


🗝️ Conseil opérationnel

Audit d’organisation, Diagnostic de performance & Intelligence stratégique


📈 Gestion de projet

Création/Transfert de site, Refonte de processus & Déploiement de technologies


Pour en savoir plus sur nos missions : https://www.taskforcelogistics.fr/services


 
 
bottom of page