5 tips à coût 0 pour faire face aux vols de palettes en entrepôt
- Clément TETU
- 23 déc. 2025
- 5 min de lecture

Les palettes constituent un actif stratégique pour l’industrie et la logistique. Elles ne servent pas uniquement de support de manutention : elles sont achetées, valorisées, revendues, et représentent un stock mobilisé essentiel à la continuité d’exploitation.
Une palette Europe coûte aujourd’hui entre 6,5 € et 11 € selon l’état et la quantité. À l’échelle d’un entrepôt expédiant plusieurs centaines de camions par mois, une dérive de quelques centaines ou milliers de palettes représente rapidement plusieurs dizaines de milliers d’euros de pertes annuelles.
Cette problématique demeure pourtant souvent traitée comme un simple consommable, alors qu’elle devrait être pilotée comme un actif logistique soumis à des risques de détournement, de fraude et de déperdition.
Précision importante : Les conseils qui suivent ne nécessitent aucun investissement matériel (caméras, portiques, RFID, etc.), mais uniquement des actions d’organisation, de pilotage et de sensibilisation.
Mesure n°1 : Suivre et valoriser les palettes comme un actif logistique
La première mesure consiste à rendre les palettes visibles dans les reportings opérationnels et financiers.
Tant qu’elles ne figurent pas explicitement dans les indicateurs partagés, elles restent perçues comme un “consommable gratuit”.
Cela implique notamment :
d’intégrer une ligne dédiée “Stock palettes (€)” dans les tableaux de bord d’exploitation ;
d’exprimer les pertes en valeur monétaire, et non en quantité ;
de fixer un objectif de pertes maximum, par exemple : < 1 % du parc par mois.
Cette simple mise en visibilité change le niveau d’attention des équipes et permet à la direction d’arbitrer sur la base de faits mesurés.
Mesure n°2 : S’assurer que le flux physique de palettes est conforme à la réalité saisie dans les outils
La majorité des dérives ne provient pas d’un manque d’outils, mais d’un décrochage progressif entre la réalité terrain et ce qui est enregistré dans les systèmes.
Dès lors qu’un flux physique n’est pas strictement aligné avec le flux administratif, une zone de vulnérabilité apparaît.
Il est donc essentiel de garantir une correspondance permanente entre :
les palettes effectivement chargées ;
les quantités saisies dans les outils (WMS, fichiers de suivi, bons de chargement) ;
et les justificatifs associés.
Trois principes simples permettent de sécuriser ce point sans alourdir l’exploitation :
aucune sortie physique de palettes sans enregistrement immédiat dans l’outil ou le support de suivi ;
une saisie réalisée par un acteur identifié, distinct si possible de l’opérateur de chargement ;
une vérification ponctuelle de cohérence entre palettes sorties, palettes déclarées et stocks théoriques.
Cette discipline limite fortement les “ajustements a posteriori”, souvent utilisés pour masquer des sorties non conformes, et renforce la fiabilité globale des données palettes.
Mesure n°3 : Organiser le flux palettes pour réduire les zones de risque
Un site qui laisse sortir des palettes depuis plusieurs portes, sans passage identifié, crée mécaniquement des angles morts.
Sans aucun investissement, il est possible de réduire ces risques en structurant le flux.
Il est recommandé de :
définir un point unique (ou limité) de sortie palettes, clairement identifiable ;
centraliser le comptage et la validation dans cette zone ;
formaliser un flux standard : dépôt → contrôle → validation → sortie.
En d’autres termes, aucune palette ne doit quitter l’entrepôt sans franchir une zone de contrôle reconnue par les équipes.
Mesure n°4 : Mettre en place une veille active pour détecter les dérives individuelles et les complicités
Les détournements de palettes ne sont presque jamais le fait d’un collectif entier. Ils reposent le plus souvent sur une ou deux “brebis galeuses”, parfois aidées par une forme de complaisance passive ou de complicité ponctuelle.
L’enjeu n’est pas de soupçonner tout le monde, mais d’organiser une veille structurée permettant de détecter les signaux faibles.
Cette veille repose sur plusieurs leviers complémentaires :
l’observation des pratiques inhabituelles (chargements systématiques sur certaines plages horaires, mêmes chauffeurs, mêmes équipes) ;
la mise en regard des anomalies palettes avec les affectations d’équipes ou de transporteurs ;
la centralisation des remontées terrain, même informelles, sans stigmatisation.
Les équipes doivent comprendre que signaler une anomalie palettes relève de la protection de l’outil de travail, au même titre qu’un signalement sécurité.
Cette approche factuelle permet d’identifier rapidement les comportements déviants isolés, avant qu’ils ne s’installent ou ne se diffusent.
Mesure n°5 : Réaliser des contrôles inopinés OU le faire en partenariat avec les forces de l’ordre
L’expérience montre que la simple existence de règles ne suffit pas : la perception du risque de contrôle est déterminante.
Des contrôles inopinés, réalisés sans annonce préalable, constituent un levier de dissuasion très efficace, en particulier lorsqu’ils interviennent :
en fin de poste ;
sur des créneaux peu encadrés (soir, nuit, week-end) ;
ou sur des flux identifiés comme sensibles.
Lorsque le contexte le justifie (vols caractérisés, récidive, soupçon organisé), ces contrôles peuvent être réalisés en coordination avec les forces de l’ordre, dans un cadre parfaitement légal et maîtrisé. Cette option présente un double intérêt :
Renforcer fortement l’effet dissuasif ;
Envoyer un signal clair indiquant que le sujet est traité comme un risque sérieux, et non comme une dérive tolérée.
Il ne s’agit pas de “faire peur”, mais de rendre tangible le fait que le flux palettes est surveillé, compris et piloté.
Conclusion : protéger les palettes, c’est protéger le compte de résultat
Une gestion stricte des palettes n’est pas un réflexe de contrôle excessif : c’est une discipline opérationnelle visant à protéger un actif concret.
En les pilotant comme un stock valorisé, en clarifiant les règles de sortie, en structurant le flux et en impliquant l’ensemble des acteurs, il est possible de réduire les pertes sans investissement matériel.
Cette approche a récemment permis à la [Task Force Logistics.] d’accompagner un Directeur Logistique confronté à un détournement massif.
En 8 semaines, une méthodologie inspirée de la sécurité opérationnelle militaire a permis :
de réduire les pertes palettes de 95 % ;
de restaurer la traçabilité ;
et de générer plus de 148 k€ d’économies nettes en année pleine.
Pour aller plus loin, notre cas d’étude complet est disponible : « Mettre fin au pillage silencieux d’un entrepôt : traquer, neutraliser, dissuader ».
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[Task Force Logistics.] intervient avec un ADN militaire aux côtés des Entreprises qui font face à des situations business critiques, et ce au travers de 4 briques de services :
🔗 Management de transition
Soutien lors de démarrage, Renfort de la direction & Appui lors de pic d’activité
🛡️ Client's representative
Contrôle du niveau de service, Inspection et redressement & Interface client-prestataire
🗝️ Conseil opérationnel
Audit d’organisation, Diagnostic de performance & Intelligence stratégique
📈 Gestion de projet
Création/Transfert de site, Refonte de processus & Déploiement de technologies
Pour en savoir plus sur nos missions : https://www.taskforcelogistics.fr/services


